« VARG », le grand retour de l’agent 007.

 

 

« VARG », le grand retour de l’agent 007.

 

Si depuis cinquante ans, l’agent double zéro n’est jamais très loin, ce n’est pas tant grâce à Ian Fleming qu’à ses ayants droits qui ont permis aux Broccoli (une famille de producteurs Hollywoodiens) de décliner les tribulations de James Bond au cinéma.

En 2006 avec « Casino Royale », l’arrivée de Daniel Craig sur grand écran avait permis de rendre à la franchise ses lettres de noblesse, quitte à voir surgir une foule de détracteurs assez peu enclins à accepter le ton froid des films qui ont suivi.

C’est avec une ambiance équivalente que le scénariste Warren Ellis s’est attelé à la tâche, en proposant une résurrection de l’agent 00 dans le comics « VARGR ». Paru initialement sous le label « Dynamite », c’est  pourtant « Delcourt » qui a récupéré les droits français de cette mini-série prévue en 12 issues. Une aventure qu’on imagine se terminer en une petite poignée d’albums sur l’hexagone.

 

 

 

Ce premier volume débute sous le signe de la vengeance. Un agent du MI:6 est tombé, James Bond de retour à Londres va devoir enquêter sur cette mort mystérieuse. Après une introduction toute en action digne d’un storyboard pour un film live,  l’enquête conduira Bond dans toute l’Europe où se trame une machination sous fond de révolution cybernétique et de trafic de drogue.

L’auteur anglais va tenter d’insuffler un élan très proche des romans de Fleming tout en en gardant ce qui faisait le charme de la série, à savoir des méchants hauts en couleur et une mise en scène très nerveuse et audacieuse. Warren Ellis nous propose un Bond extrêmement violent et tente de développer une intrigue d’espionnage assez complexe. La série fonctionne, mais n’évite pourtant pas certains écueils. Tout d’abord, impossible pour l’auteur de « Transmetropolitan », « Hellblazer » ou « The Authority »  de laisser libre court à son imagination débridée. « Ian Fleming Estate » joue les gardiens du temple, impossible pour l’auteur d’improviser une trame qui ne conviendrait pas à la poule aux œufs d’or. Dans ces conditions, difficile de surprendre réellement le lecteur. L’autre problème est quand à lui inhérent au médium. Le support « Comics » est un outil magique, il permet plus de souplesse que le cinéma ou que le livre, mais est beaucoup plus limité dans sa façon de raconter une histoire. Difficile de faire rentrer une intrigue alambiquée, tout en proposant des scènes d’action spectaculaires en un nombre de pages limitées. Même si la série comportera plusieurs volumes, on voit déjà se détacher un fil conducteur qui semble assez simple pour un récit d’espionnage. La trame reste donc efficace, mais assez basique.

 

 

 

L’autre bémol vient du dessin. Jason Masters est quelqu’un qui travaille assez vite. Il vient souvent sur des séries pour faire des fill-in d’autres artistes. Son trait est assez dynamique, mais manque parfois de détails. Une mise en scène qui fonctionne assez bien sur les scènes d’actions, mais peu paraitre assez classique par ailleurs.

 

Ce premier volume « VARGR » est, vous l’aurez compris, dans la droite ligne des romans et de « Casino Royal ». On y voit un James Bond assez taciturne, assez loin du séducteur dont nous avaient habitués les films de Moore ou Brosnan et tout aussi peu enclin à utiliser les gadgets qui faisaient le charme des 80’s. Il n’en demeure pas moins une aventure de 007 très honnête qui plaira aux puristes et ce, malgré un léger manque de folie.

 

Christophe  BALME

 

 

 

« VARGR », le 1er tome de James Bond 007 est disponible aux éditions Delcourt.

 

 

Publié dans Chroniques - review

Publié le 14/02/2017 16:04:34
Votre commentaire a été envoyé avec succès. Merci pour commentaire!
Ajouter un commentaire
Nom:*
Email:*
Message:*
  Captcha
  Ajouter un commentaire